(Article du 14/09/26)
Le crédit d'impôt accordé aux entreprises françaises qui réalisent en France des productions cinématographiques ou audiovisuelles étrangères est aménagé. Au programme : une prolongation du dispositif, mais aussi de nouvelles règles concernant les artistes-interprètes. On fait le point...
Pour rappel, les entreprises de production cinématographique et audiovisuelle soumises à l'impôt sur les sociétés (IS) qui assurent en France la production exécutive d'oeuvres produites par des entreprises établies hors de France peuvent, toutes conditions remplies, bénéficier d'un crédit d'impôt.
Sont notamment concernées les entreprises chargées de réunir les moyens techniques et artistiques nécessaires à la réalisation de l'oeuvre, d'assurer la gestion matérielle de sa fabrication et de veiller à la bonne exécution de ces opérations.
Le bénéfice de cet avantage fiscal suppose notamment que l'oeuvre concernée comporte des éléments rattachés à la culture, au patrimoine ou au territoire français et fasse l'objet de dépenses éligibles d'au moins 250 000 € ou, lorsque son budget de production est inférieur à 500 000 €, représentant au moins 50 % de ce budget.
Initialement applicable aux dépenses exposées jusqu'au 31 décembre 2026, le crédit d'impôt est prolongé jusqu'au 31 décembre 2028.
Une « clause d'antériorité » est également mise en place afin d'éviter qu'une production engagée avant cette échéance perde le bénéfice du dispositif en raison de dépenses réalisées ultérieurement.
Ainsi, les dépenses exposées après le 31 décembre 2028 pourront continuer à ouvrir droit au crédit d'impôt lorsqu'elles concernent des opérations ou prestations se rapportant à une oeuvre ayant obtenu son agrément provisoire du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) avant cette date.
Autre évolution : les conditions applicables aux artistes-interprètes sont assouplies.
Jusqu'à présent, pour que les rémunérations versées aux artistes-interprètes puissent être retenues parmi les dépenses ouvrant droit au crédit d'impôt, ces derniers devaient respecter certaines conditions tenant à leur nationalité ou à leur résidence.
Cette condition est désormais supprimée : les artistes-interprètes n'ont plus à satisfaire de condition de nationalité ou de résidence pour que leur rémunération puisse être prise en compte.
Cette évolution les distingue notamment des auteurs et des personnels de la réalisation et de la production, qui restent soumis aux conditions de nationalité ou de résidence prévues dans le cadre du dispositif.
Cet assouplissement s'accompagne toutefois d'une nouvelle limite concernant le calcul du crédit d'impôt.
Les rémunérations versées aux artistes-interprètes et aux artistes de complément, ainsi que les charges sociales correspondantes, ne sont désormais retenues parmi les dépenses éligibles que dans la limite de 30 % du budget de production de l'oeuvre.
Attention : ce plafond de 30 % concerne donc aussi bien les artistes-interprètes que les artistes de complément.
En revanche, la suppression des conditions de nationalité ou de résidence constitue une nouveauté pour les artistes-interprètes : les artistes de complément n'étaient déjà pas soumis à ces conditions.
Pour mémoire, d'autres plafonnements continuent parallèlement de s'appliquer au dispositif. L'ensemble des dépenses éligibles est notamment retenu dans la limite de 80 % du budget de production de l'oeuvre et le montant du crédit d'impôt est plafonné à 30 M€ par oeuvre.
Le taux du crédit d'impôt reste, quant à lui, fixé à 30 % des dépenses éligibles. Il peut être porté à 40 % pour certaines oeuvres de fiction faisant largement appel au traitement numérique des images, sous réserve du respect des conditions requises.
Ces nouvelles règles s'appliquent pour le calcul de l'IS dû au titre des exercices clos à compter du 21 février 2026.
Concrètement, pour les crédits d'impôt calculés au titre d'exercices clos avant cette date, les anciennes règles continuent de s'appliquer : les artistes-interprètes restent soumis aux anciennes conditions de nationalité ou de résidence et leurs rémunérations ne sont pas concernées par le nouveau plafond de 30 % du budget de production.
Pour les exercices clos à compter du 21 février 2026, les conditions de nationalité ou de résidence des artistes-interprètes disparaissent et le nouveau plafond de 30 % s'applique aux rémunérations et charges sociales des artistes-interprètes et des artistes de complément.
Production cinématographique étrangère : le crédit d'impôt joue les prolongations - © Copyright WebLex