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    CDD : pas de requalification sans demande du salarié !

    (Article du 22/05/26)



    La requalification d'un CDD en CDI permet à un salarié de faire reconnaître que son contrat, en réalité, aurait dû être conclu pour une durée indéterminée. Mais encore faut-il que le salarié la demande...

    Un CDD rompu après la période d'essai = requalification automatique en CDI ?

    La requalification d'un CDD en CDI est un mécanisme de protection du salarié. Elle peut être demandée lorsque certaines règles encadrant le recours au CDD n'ont pas été respectées.

    Mais parce qu'elle protège le salarié, elle ne peut pas être décidée à sa place. Autrement dit, le juge ne peut pas requalifier d'office un CDD en CDI si le salarié ne le demande pas. C'est ce que vient de rappeler le juge dans une affaire récemment tranchée...

    Dans cette affaire, un salarié avait été embauché en CDD pour une durée d'1 an, avec une période d'essai d'1 mois.

    Sauf que quelques jours avant la fin de cette période d'essai, l'employeur remet un courrier au salarié pour l'informer de son souhait d'y mettre fin.

    Mais problème : la date de fin du contrat est fixée quelques jours plus tard, après l'expiration de la période d'essai.

    Le salarié saisit donc le juge pour obtenir des dommages-intérêts, estimant que son CDD a été rompu de manière anticipée et injustifiée.

    En effet, le salarié rappelle que, une fois la période d'essai terminée, un CDD ne peut être rompu avant son terme que dans certains cas limitativement prévus : accord entre l'employeur et le salarié, faute grave, force majeure, inaptitude constatée par le médecin du travail ou embauche du salarié en CDI.

    Ici, aucun de ces cas n'était invoqué. Le salarié demande donc des dommages-intérêts pour rupture prématurée du contrat.

    Ce que refuse l'employeur, pour qui, le salarié ne peut pas réclamer l'indemnisation prévue en cas de rupture anticipée illicite d'un CDD.

    En effet, selon lui, la poursuite de la relation de travail après la fin de la période d'essai aurait fait naître un nouveau contrat à durée indéterminée.

    Un raisonnement qui ne convainc pas le juge, qui décide de trancher en faveur du salarié : il rappelle qu'ici seul le salarié peut demander la requalification de son CDD en CDI.

    Le juge ne peut donc pas décider seul, d'office, qu'un CDD doit être transformé en CDI si le salarié ne l'a pas demandé. La seule rupture d'un CDD après la fin de la période d'essai n'entraîne pas non plus, à elle seule, la requalification du contrat en CDI.

    Autrement dit, l'employeur ne peut pas échapper aux règles de la rupture anticipée du CDD en soutenant qu'un CDI serait né automatiquement.

    Ainsi, la requalification d'un CDD en CDI est un droit ouvert au salarié, pas un outil que le juge peut utiliser d'office. Si le salarié ne la demande pas, le juge ne peut pas l'imposer, même lorsque la rupture du CDD intervient après la fin de la période d'essai.

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